mardi, novembre 25, 2008

Pensée diurne

Nous sommes tous des instruments. Parfois certains sons que nous produisons s’accordent avec la nature, avec le temps, ou avec ceux qui nous entourent. Mais les accords dissonants sont ceux que l’on remarque, tels les cris dans la nuit, les jets de peinture sur une toile un peu trop blanche, les coups dans l’eau qui agitent les reflets d’une vie. Quand plusieurs discordes se mettent au diapason, le mouvement prend de l’ampleur et c’est la mélodie qui s’en trouve perturbée. Alors il faut répéter, et répéter encore, pour que l’oreille intègre cet écho hors des sentiers battus. Mais quand l’ensemble se met à l’œuvre pour répondre aux éclats, le cri s’éteint, comme une bougie aux lueurs du jour. Pour ne pas que s’éteigne cette flamme, certains ne peuvent que s’éclipser, pour aviver un autre foyer. D’autres s’endorment sur les barques et deviennent les ombres d’une nuit. Dans le silence d’une vie, la plume parait bien futile, mais c’est elle qui traverse les âges. Rien n’a plus de poids qu’une tâche d’encre, et rien n’est plus sourd qu’une page blanche. Alors, pour ne pas laisser le soupir prendre son élan, les muscles s’animent, les yeux se tournent, et c’est un homme tout entier qui se lève. Foule brandissant les écrits de rage, tags sur un mur un peu trop lisse, mot doux abandonnés ou symphonie légèrement reposée, le lendemain s’écrit le jour ou les chœurs se réveillent.
Douceur, ne serait ce pas la le refrain d’une révolution ?

3 Comments:

Blogger Marycops a écrit...

Merci Loïc pour ce texte qui me touche tout particulièrement Bisous, Mary

1:42 PM  
Anonymous Floradiane a écrit...

Nous ne sommes que passage... mais comme c'est joliment écrit !

1:50 PM  
Anonymous Anne a écrit...

J'aime beaucoup l'air que tu joues, bel instrument que tu es :)

10:24 PM  

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